Lisbonne autrement : un itinéraire culturel en cinq jours
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Lisbonne autrement : un itinéraire culturel en cinq jours

Découvrez Lisbonne sous un angle culturel avec notre itinéraire de cinq jours. Musées, quartiers d'artistes, fado et gastronomie pour voyageurs curieux.

Cinq jours pour explorer Lisbonne par la culture

Lisbonne se découvre à pied, entre ruelles pavées et miradouros vertigineux. Un itinéraire culturel de cinq jours couvre l’essentiel : Alfama et son fado, Belém et ses musées, le Chiado littéraire et la scène street art de Mouraria. Budget moyen : 80 à 120 euros par jour, vol Paris-Lisbonne compris entre 80 et 150 euros selon la saison.

Jour 1 — Alfama : fado, azulejos et ruelles médiévales

Commence par le quartier le plus ancien de la ville. Alfama a survécu au tremblement de terre de 1755 et conserve son tracé médiéval intact. Ses escaliers grimpent vers le Castelo de São Jorge, perché à 110 mètres d’altitude.

Le matin, file au Museu Nacional do Azulejo, installé dans l’ancien couvent Madre de Deus. L’entrée coûte 5 euros (gratuit le premier dimanche du mois). Les collections retracent cinq siècles de céramique portugaise, du panneau monumental au carrelage contemporain.

Le soir, réserve une table dans une maison de fado. Alfama en compte plus de 30, des adresses touristiques aux caves authentiques. Le Clube de Fado (rue São João da Praça) propose des dîners-spectacles à partir de 35 euros. Le fado partage avec le jazz français en plein renouveau cette tension entre héritage et réinvention permanente.

Jour 2 — Chiado et Bairro Alto : livres, cafés et galeries

Le Chiado est le quartier littéraire de Lisbonne. Fernando Pessoa y avait ses habitudes au café A Brasileira, ouvert depuis 1905. Sa statue en bronze trône encore sur la terrasse. Le quartier abrite aussi la librairie Bertrand, la plus ancienne au monde encore en activité — fondée en 1732.

Remonte vers le Bairro Alto en début d’après-midi. Ce quartier de 24 hectares concentre galeries d’art indépendantes, boutiques de créateurs et restaurants bistronomiques. Les amateurs de littérature portugaise trouveront chez Ler Devagar (LX Factory) un choix de traductions introuvable ailleurs.

Sur le terrain, le contraste frappe. Le Chiado est bourgeois, calme, ponctué de façades néoclassiques. Le Bairro Alto gronde dès 22 heures, quand les bars ouvrent leurs portes sur des trottoirs bondés. Deux ambiances, 300 mètres d’écart.

Jour 3 — Belém : patrimoine mondial et art contemporain

Prends le tram 15E depuis Praça do Comércio (trajet 20 minutes, 3 euros le ticket simple). Belém concentre les monuments les plus photographiés du Portugal.

Le Monastère des Hiéronymites mérite au moins deux heures. Ce chef-d’oeuvre manuélin, classé UNESCO depuis 1983, a coûté l’équivalent de 70 kg d’or à l’époque de sa construction. L’entrée est fixée à 10 euros. La Tour de Belém, à 800 mètres à pied, se visite pour 8 euros.

Concrètement, la Lisboa Card à 27 euros (72 heures) couvre les transports et l’entrée gratuite dans ces deux monuments. Tu la rentabilises dès le premier jour à Belém.

L’après-midi, direction le MAAT (Musée d’Art, Architecture et Technologie). Son bâtiment signé Amanda Levete épouse la courbe du Tage sur 7 000 m² d’expositions. Tarif : 9 euros. Juste à côté, le Musée des Carrosses expose 70 véhicules royaux dans un écrin d’acier et de verre inauguré en 2015.

Avant de quitter Belém, arrêt obligatoire à la Pastéis de Belém. Cette pâtisserie fondée en 1837 écoule 20 000 pastéis de nata par jour. Le secret ? Une recette identique depuis 186 ans, transmise uniquement aux maîtres pâtissiers de la maison. Prix : 1,30 euro la pièce.

Jour 4 — Mouraria et LX Factory : la Lisbonne créative

Mouraria est le berceau historique du fado, avant Alfama. Ce quartier multiculturel regroupe 54 nationalités sur moins d’un kilomètre carré. Le street art recouvre les façades : le parcours Rota das Galinheiras aligne une dizaine de fresques murales signées par des artistes locaux et internationaux.

En pratique, LX Factory occupe un ancien complexe industriel de 23 000 m² sous le pont du 25-Avril. Tu y trouves librairies, ateliers de sérigraphie, studios de design et restaurants. L’espace accueille 200 000 visiteurs par mois. L’entrée est libre.

Le marché du dimanche à LX Factory vaut le détour. Artisans, vinyles, illustrations et céramiques s’étalent entre les anciennes machines d’imprimerie. Un format qui rappelle les marchés créatifs de Tokyo ou Kyoto, avec cette énergie brute des lieux reconvertis.

Jour 5 — Tram 28, miradouros et dernières errances

Le mythique tram 28 traverse Lisbonne d’est en ouest sur 7 kilomètres. La ligne relie Martim Moniz à Campo Ourique en 40 minutes. Tarif : 3 euros avec la carte Viva Viagem rechargeable. Monte tôt — avant 9 heures — pour éviter les files.

Descends au miradouro da Graça, le plus haut de la ville. La vue embrasse le Tage, le Castelo et les toits d’Alfama en contrebas. Enchaîne avec le miradouro de Santa Luzia, couvert de bougainvilliers, puis l’Elevador de Santa Justa (1,50 euro l’aller). Cet ascenseur néogothique de 45 mètres offre un panorama à 360 degrés sur la Baixa.

Résultat ? Cinq jours suffisent pour saisir l’âme culturelle de Lisbonne. La ville tient dans une surface compacte de 100 km², avec 28 lignes de transport en commun. Tout se rejoint à pied ou en tram.

Prochaine étape : préparer ton voyage

Réserve ton vol 6 à 8 semaines à l’avance pour viser les 80 euros aller-retour. Achète la Lisboa Card en ligne (27 euros les 72 heures) avant le départ — tu la récupères à l’aéroport. Télécharge l’appli Via Viagem pour recharger ta carte de transport.

Trois adresses à noter : Time Out Market (Cais do Sodré) pour goûter 35 stands gastronomiques sous un même toit, Cervejaria Ramiro pour les fruits de mer, et A Cevicheria pour une cuisine fusion péruviano-portugaise. Budget repas : 15 à 25 euros par personne dans ces adresses.

Dernier point pratique : Lisbonne se visite toute l’année. Les mois d’avril, mai et octobre offrent 20 à 25 degrés, moins de touristes et des prix d’hébergement 30 % inférieurs à l’été.

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