Le Japon en deux visages : tradition et futur
Le Japon superpose deux mondes sans que l’un efface l’autre. Un temple shinto du VIIe siècle côtoie un gratte-ciel de 300 mètres, et personne ne trouve ça bizarre. Avec 36 millions de visiteurs étrangers en 2024, le pays confirme son rang parmi les trois destinations asiatiques les plus recherchées. Voici un carnet de route pour organiser ton premier voyage entre Kyoto et Tokyo.
Kyoto : 2 000 temples et un silence rare
Kyoto concentre plus de 2 000 temples et sanctuaires sur 827 km2. Tu pourrais y passer un mois sans épuiser la liste. Trois sites méritent ton temps en priorité.
Le Kinkaku-ji (Pavillon d’or) attire 5 millions de visiteurs par an. Arrive avant 9 h pour éviter les groupes. Le reflet doré sur le lac Kyoko-chi vaut le réveil matinal. Tarif : 500 yen, soit environ 3 euros.
Fushimi Inari et ses 10 000 torii vermillon forment un tunnel de 4 km à flanc de montagne. La plupart des touristes s’arrêtent au premier tiers. Ceux qui grimpent jusqu’au sommet (233 mètres) croisent trois fois moins de monde. Compte 2 heures aller-retour.
Le jardin sec du Ryoan-ji pose 15 rochers sur un rectangle de gravier blanc. Aucun point de vue ne montre les 15 pierres simultanément. Ce jardin zen de 1450 reste un casse-tête visuel vieux de six siècles.
Tokyo : chaque quartier raconte une histoire différente
Tokyo compte 282 stations de métro et 14 millions d’habitants. La ville absorbe tout, recycle tout, accélère tout. Son énergie se découpe quartier par quartier.
Shibuya d’abord. Le fameux passage piéton voit défiler 3 000 personnes à chaque feu vert. Monte au Shibuya Sky (229 mètres) pour observer ce ballet urbain d’en haut. L’entrée coûte 2 000 yen (~12 euros).
Akihabara ensuite. Le quartier geek empile boutiques de mangas, salles d’arcade rétro et magasins de composants électroniques sur six étages. Si tu aimes la culture du vinyle, les disquaires de ce quartier cachent des pressages japonais introuvables ailleurs.
Asakusa pour souffler. Le temple Senso-ji, fondé en 645, est le plus vieux de Tokyo. La rue Nakamise-dori qui y mène aligne 89 échoppes de street food et d’artisanat. Un ningyo-yaki (gâteau fourré) coûte 100 yen.
Autre point : Yanaka casse l’image de la mégapole. Ce quartier a survécu aux bombardements de 1945. Ses ruelles de chats errants, ses petits cimetières et ses cafés discrets offrent le Tokyo que les guides oublient.
Manger au Japon : un budget maîtrisable
Oublie le cliché du pays hors de prix. Un bol de ramen dans une échoppe de quartier revient à 800-1 200 yen (5 à 8 euros). Un plateau dans un conveyor-belt sushi tourne autour de 1 500 yen. Le Japon compte plus de 150 000 restaurants classés Tabelog au-dessus de 3,5/5.
Sur le terrain, un repas kaiseki (haute gastronomie saisonnière) grimpe entre 8 000 et 25 000 yen. Réserve au moins une soirée dans un izakaya traditionnel : petits plats à partager, bière pression à 500 yen, ambiance bruyante et chaleureuse. Ce rituel du repas partagé rappelle les moments de convivialité que le cinéma français capture si bien dans ses scènes de tablée.
Les wagashi (pâtisseries traditionnelles) accompagnent le thé matcha dans les salons de Kyoto. Budget : 300-600 yen la pièce. Chaque saison dicte ses formes et ses couleurs. Un wagashi de printemps ne ressemble jamais à celui d’automne.
Budget et logistique : les chiffres concrets
| Poste | Fourchette |
|---|---|
| Vol Paris-Tokyo A/R | 600-900 euros |
| Japan Rail Pass 7 jours | ~50 000 yen (~310 euros) |
| Nuit en auberge/hostel | 3 000-5 000 yen |
| Nuit en ryokan traditionnel | 15 000-30 000 yen |
| Budget quotidien moyen | 100-150 euros |
| Décalage horaire | +8 h (hiver) / +7 h (été) |
Le JR Pass couvre les trains Shinkansen entre Tokyo et Kyoto (2 h 15 de trajet, 476 km). Sans ce pass, un aller simple coûte 13 320 yen. En 7 jours, deux allers-retours suffisent à le rentabiliser.
Concrètement, la meilleure période court de mars à mai (cerisiers, 15-22 C) ou d’octobre à novembre (érables, 12-20 C). Juillet-août cumule chaleur, humidité et typhons. Janvier reste froid mais les prix chutent de 30 %.
Le Japon hors des sentiers : trois pistes
Le sanctuaire Meiji-jingu à Tokyo se cache dans une forêt de 70 hectares plantée en 1920. En plein Harajuku, tu passes d’une rue de mode teenage à un sous-bois silencieux en trente secondes. 100 000 arbres de 365 espèces composent cette forêt artificielle.
Loue un vélo à Kyoto. La ville est plate, les distances courtes. Le quartier des tisserands de Nishijin et les petits temples du nord (Daitoku-ji, ses 24 sous-temples) se prêtent mieux au vélo qu’au bus. Location : 1 000 yen la journée.
Si tu as aimé explorer Lisbonne à pied, Kyoto offre la même logique : chaque ruelle débouche sur une surprise. Un jardin caché, un artisan au travail, un chat sur un muret de pierre.
Prochaine étape : construire ton itinéraire
Réserve le JR Pass en ligne 3 semaines avant le départ. Bloque 4 jours minimum à Tokyo, 3 à Kyoto. Télécharge l’application Navitime pour le métro (gratuite, en anglais). Ouvre un compte Suica ou Pasmo dès l’aéroport de Narita pour payer transports et konbini sans cash. Le Japon reste un pays où 80 % des transactions quotidiennes passent encore en espèces ou carte prépayée. Prévois 10 000 yen en liquide par jour pour les petits commerces.